Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 10:13

Alors voilà, je suis mère célibataire (provisoire). Tout le monde l’aura compris, mes filles les premières, et c’est un peu la grosse fête. (Cette nuit, je me suis retrouvée avec, dans mon lit : le chien, ma fille aînée, puis ma seconde fille, un livre sur les dinosaures et successivement, 48 petons taille 23 en pleine poire. C’était bien.)

Heureusement que j’ai assuré comme une assureuse et que mon bouquin est fini, du moins le premier jet, je peux me consacrer à mon suicide l’organisation de la maison.

Dans trois jours, je commencerai les grosses corrections, si tout va bien et j’attaquerai de front mon roman pour l’Atalante.

Le fait que mes élèves aient définitivement perdu le goût de vivre toute motivation en ce mois de mai plus troué qu’un emmenthal peut venir enrayer la machine mais a priori, je devrais m’en sortir.

Que vous dire de plus ?

Je serai aux Imaginales dès le jeudi 31 mai, notamment pour une rencontre avec les lycéens qui ont lu Narcogenèse. Visiblement, certains ont adoré, d’autres détesté. C’est un peu le retour que j’ai sur ce livre : un engouement profond ou un rejet total. Je ne suis pas bien étonnée. Je ne suis pas sûre d’être le genre de fille qui fasse l’unanimité, de toute façon et, bon, c’est quelque chose dont je me targue facilement.

Être aimé du plus grand nombre, c’est un délire de pom-pom girl ou d’écorché vif. Et quelque chose me dit que j’ai géré autrement les écorchures.

(Pour le côté pom-pom girl, vous m’excuserez de ne pas me prononcer, par égard pour mon ego qui vient de se servir un deuxième whisky en insultant les voisins).

Donc, Narcogenèse a des retours positifs, dans l’ensemble, mais quand il n’est pas aimé, c’est un peu violent net.

Il faut dire que la structure, le changement de personnages, l’entrelacement des épisodes de la fin, les chapitres ultra courts en déstabilisent certains, ce que je peux comprendre. (Mais vous comprendrez que je n’adhère pas ni ne m’en excuse, vu que c’est un peu mon livre voulu, hein.) Je ne rembourse pas non plus. Pour ceux qui ont aimé, c’était un vrai bonheur d’avoir des retours plutôt fins sur les personnages, dont Saul (mon préféré) et sur les insertions du Magicien d’Oz dans l’intrigue. J’ai bien noté les remarques qui m’ont été faites (certains passages obscurs) et j’y travaille.

Sinon, dimanche soir à la maison, ce sera petits fours et glace au mojito, avec des copains choisis, pour fêter la victoire ou pleurer amèrement. Et si vous êtes bien sages et achetez des livres à vos enfants, voire à vous-mêmes, la prochaine note portera sur mon amour immodéré pour un groupe qui a révolutionné l’histoire de la musique !

 

Bonne journée, où que vous soyez, qui que vous soyez.

Par Anne Fakhouri - Publié dans : De l'autre côté du miroir
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 28 avril 2012 6 28 /04 /Avr /2012 09:11

On a trop chargé la voiture, on a mangé des rochers suchard, on s'est disputés à propos de Thomas Dutronc qui n'est pas de la vraie musique, on a regardé nos filles dormir, on a évité de parler politique parce qu'on est d'accord sur tout, on a entendu un bébé dire en boucle "Papa? Papaaaaa? Papaaaaaaaaaa?" du fond de son siège-autor, on a écouté Joe Dassin en remarquant que, quand même, c'était pas mal, pour de la variété, on a évoqué les moule-bollocks blancs, sans transition, on a parlé de nos ex, de nos potes, d'un orage terrible l'année dernière sur cette même route, on s'est arrêtés dans des stations service pour regarder mollement les cartes routières en 3D, on a commenté Brassens. Par moments, on n'a rien dit, on a juste regardé la route.

On a bramé Gare au Gorille, on a râlé  trois fois "laisse ta soeur", on a répété "le talent sans travail n'est qu'une sale manie", on a aussitôt rigolé comme des idiots et on a renié notre fille aînée: "moi, j'aime pas Brassens".

 

A force d'être confinés dans un si petit espace, on a compris qu'on était une famille. Et on s'est sentis bêtement fiers.

 

C'était un vrai retour de vacances.

Par Anne Fakhouri - Publié dans : Les dernières nouvelles
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 09:43

... ce bouquin en avance, c'est quand même la preuve que je suis wonderwoman!

Ouais, je sais, quand vous me voyez, vous vous dites: "Mais comment cette fille fait-elle pour être à ce point dans la réussite? Non, c'est vrai, elle a deux métiers qu'elle adore, deux filles éveillées et rigolotes, un mari charmant, un appartement toujours impeccable et franchement, sa coupe de cheveux, on dirait qu'elle a été inventée par un dieu pour une déesse!"

C'est super irritant, j'en ai conscience.

Comme ces temps difficiles nous poussent la transparence, je vais tout dire.

D'abord, mon mari n'est pas si charmant que ça. Par exemple, il lève les yeux au ciel quand j'écoute Thomas Dutronc et Miossec et il marmonne qu'il préférerait qu'on mette Led Zep (alors que Led Zep, hein, on sait tous ce qu'on en pense depuis nos seize ans...). En plus, dans quelques jours, il se tire aux Stètse faire le malin et quand on en parle, il prend l'air triste en disant que c'est du travail et qu'on va bien lui manquer, surtout pendant sa semaine off à New-York.

Mettre ici un rire hystérique.

 

Moi, pendant ce temps, je vais aux Imaginales. Ouais.

 

Mes filles sont éveillées et rigolotes mais j'avoue, le dimanche soir, on se dit qu'on sera bien, demain, au boulot. Parce qu'entre la première qui est incapable de jouer seule, la deuxième dont les buts dans la vie sont: croûter des compotes à boire dans le placard, bouffer de la pâte à modeler, dessiner sur les meubles et être collée à son père, franchement, il y a des moments où je préfère largement ma classe de hormones sur pattes 4eme, même le mardi où ils sont über chiants (message au prof d'histoire: c'est cool d'être autoritaire, de tenir sa classe et de leur faire souligner leurs titres en rouge, mais après, quand ils arrivent dans ma salle, ils se croient un peu à Katmandou. Merci de faire preuve d'un peu de laxisme pour que les autres puissent briller)

 

J'ai un métier de prof que j'adore mais il comprend de sacrées contraintes, comme les interros, les conseils de classe, les lundi matins où les 6eme ont décidé de se conduire comme des lapins crétins, les "c'est pas moi, mdame" et autres "mais j'ai pas parlé" (moi non plus, je parle pas, file-moi ton cahier), les collègues qui ne réfléchissent plus qu'en termes de chapitres de manuel et le fait que je ne regarde jamais mon casier ni le planning (et que le CPE, qui est vraiment un chou, soit obligé de me rebriefer sur tout, en rigolant et en disant: "Je plains ton mari, parfois", ce qui est affreusement machiste mais relativement vrai).

 

J'ai un métier d'écrivain que j'adore mais il comprend de sacrées contraintes: la marque du clavier sur le front, à force de se le taper dessus, ça fait moche. (J'en cherche d'autres).

(Non, bon, ok, rien d'autre)

Mon appartement est  dégueu tout le temps, à cause du chien, des enfants et du Gorille (pas de moi, je ne salis quasi rien, je suis une femme). Quand je serai riche, je demanderai à Rosa, ma chère femme de ménage, de venir six heures par semaine. Parce que sinon, un jour, on me retouvera morte, je me serai fait hara-kiri avec le swiffer et ce sera bien pratique pour éponger le sang, toutes ces lingettes.

Quant à ma coupe de cheveux, je la dois à Michel, le coiffeur le plus talentueux de la terre, qui se trouve être aussi le père de ma meilleure amie mais qui a le mauvais goût d'habiter Bordeaux et de ne pas pouvoir, par conséquent, répondre à mes urgences capillaires. Une fois par an, je vais essayer de me faire adopter par squatter les parents d'Alix (parce que sa mère est plus que chouette aussi), je prends quatorze kilos et j'ai la coupe la plus géniale du monde. 

Alix, c'est pas pour rien que c'est ma meilleure amie! Même si elle se roule sur les lits des autres.

Donc, vous voyez, tout n'est pas rose.

Avoir une bonne coupe une fois par an seulement, c'est quand même assez difficile à vivre.

Vous pouvez arrêter de m'envier. 

Par Anne Fakhouri - Publié dans : De l'autre côté du miroir
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 09:01

Chers parents, primipares, tropares, futurs parents, femmes enceintes (plusjamaisplusjamaisplusjamais) auteurs,

 

(Les autres peuvent lire aussi)

A cette époque où fleurissent sur le net conseils et avis sur l'écriture et la meilleure méthode d'y arriver, je profite de ces temps troublés et du fait que si on prononce encore le nom de Sarkozy devant moi, je vais devenir toute verte et craquer un peu plus mes vêtements pour livrer ma vérité sur la vie.

Les enfants nuisent gravement à l'écriture!

Enfin, à la mienne.

Voilà. 

Ca fait maintenant six ans moins quelques mois que je suis mère, et quatre ans que je publie des livres. Les premiers temps, dans un bel élan de "oh, j'ai eu un bébé, il est temps de m'accomplir et d'être sérieuse", l'écriture (que je pratiquais déjà, allez pas croire que je suis douée de base) fut une bénédiction. Ma fille dormait dans son transat à côté de moi pendant que j'écrivais. Pour la deuxième, bon, ça a été plus compliqué.

Et là, je me demande: pourquoi soudain des bébés éviscérés dans mon livre? Ca fait bizarre, hein?

Cherchez pas, j'ai compris.

Ca fait deux jours que je suis enfermée chez ma mère, dans un appartement propre, joli, sans jouets qui trainent, sans bibs dans l'évier, sans quatorze dessins de "princesses monstrueuses" (on consulte, vous inquiétez pas), sans "viens m'chécher" à sept heures du matin, sans "merde il est 18h55, si je fais pas le diner maintenant, elles vont m'attaquer les mollets", sans réponse aux questions du genre "pourquoi est-ce que Papa a un gros zizi?" (hin hin hin) et autres "la maitresse a dit que si tu signais pas mon cahier de liaison, je serais rouée de coups et obligée de distribuer des tracts du FN devant le marché"...

Ca fait deux jours et j'ai quasi fini mon roman.

D'accord, d'accord, certains d'entre vous surkiffent les horaires, écrivent de cinq à sept heures du matin (JAD, you bitch!) puis lavent le sol en chantonnant, s'organisent à mort à coups de post-it et de plannings (JAD, you wish!)...

Pas moi.

J'aime pas les horaires, j'aime pas les contraintes, j'aime pas devoir m'arrêter d'écrire pour aller faire cuire des pâtes parce qu'il est midi douze et que ouuuh, on va être tout déréglés après ça.

J'aime écrire, m'arrêter pour mater une série ou les infos, faire la vaisselle en téléphonant, replonger dans le silence, écrire encore, m'arrêter pour me demander si je me fais un masque ou une partie de DS, m'allonger sur le canapé ou faire les cent pas (sans me tuer le talon sur un putaiiiiiiiiiiiiiiiiiin de playmobil) écrire encore... J'aime bien quand c'est flexible. 

Et, gosh, j'aime pas trop le travail.

J'ai dit un gros mot, hein?

Je préfère quand même quand la vie est facile et drôle que quand j'arrive même plus à accorder un participe passé parce que putaiiiiiiiiiiiiin, j'en ai maaaarre de me lever tous les matins à 6h30, de me coucher à 23h30 et, entre les deux, parfois, de faire les tâches les plus ingrates du monde.

Alors oui, je sais, c'est plus compliqué que ça, y a le climat de peur, et franchement, quand je vois mes potes bosser dans des entreprises qui ressemblent plus aux jeux du cirque qu'à un lieu de travail, je comprends. 

J'ai un avantage certain: j'ai toujours eu conscience que je ne gagnerai jamais d'argent (sinon, j'aurais pas choisi de faire prof et écrivain, hein) et que le travail, c'est quand même du caca.

Et non, mes petits lapins, je ne m'excuserai pas de ça.

Bref, tout ça pour dire que l'écriture, c'est quand même plus facile pour moi quand je fais semblant d'être une vieille fille.

Je ne sais pas si le roman est bon, mais il sera fini avant la fin de la semaine. Et ça tombe bien, à la fin de la semaine, je vais avec l'adorable Soledad intervenir à la médiathèque de Mazé (queque part en Anjou) parce que ça suffit, hein, les conneries et les petites parties de rigolade dans les rayons. 

Avec un peu de chance, personne ne prendra de notes et je pourrai dire toutes les conneries grandes vérités que je veux! 

Par Anne Fakhouri - Publié dans : You're talking to me?!
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 18:16

- La retraite sentimentale, Colette

- Les misérables, Hugo

- L’assommoir, Zola

- Le grand Meaulnes, A-Fournier

- Les Hauts de Hurlevent, Brontë

- De l’autre côté du miroir, L. Carroll

- Les gens de Mogador, E. Barbier

- Une prière pour Owen, J Irving

- Cent ans de solitude, Garcia Marquez

- Le Lancelot en prose

- Nouvelles, Maupassant

- Beaucoup de bruit pour rien, Shakespeare

- J’irai cracher sur vos tombes, B. Vian.

- Au cœur des ténèbres, J. Conrad

- Cyrano de Bergerac, E. Rostand.

- Nous sommes éternels, P. Fleutiaux

- Le Nœud de vipères, F. Mauriac

- L’Iliade, Homère

- Robinson Crusoé, D. Defoe

- Les contemplations, V. Hugo

Par Anne Fakhouri - Publié dans : Des livres par ci par là
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

"Mais je n'en veux pas, du confort. Je veux Dieu, je veux de la poésie, je veux du danger véritable, je veux de la liberté, je veux de la bonté. Je veux du péché." Aldous Huxley, Le Meilleur des Mondes.

Nouvelles de mon ego

Tout va bien!

Il traine en vieux survête en se demandant si faire des abdos serait bien raisonnable, juste après le petit-déjeuner.

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés