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La revue de presse complète est disponible en bas de age!

  • Revue de presse

Anne Fakhouri est une jeune auteure très prometteuse. Dans Le Clairvoyage, on rencontre Clara, 12 ans, qui, après la mort de ses parents, est confiée à un oncle et livrée à elle-même dans une grande maison. Elle y découvre un monde merveilleux, peuplé des fantômes de ses ancêtres, de ses tantes excentriques et de fées voleuses de bébé. Pas facile de s'adapter lorsqu'on a jamais cru à tout cela. Le début d'une grande aventure sur les traces d'Alice au pays des merveilles.

Jérôme Vincent, Science & Vie Junior , octobre 2008, n°229

Clara n’a que 12 ans quand ses parents meurent dans un accident de voiture. Le corbeau lui avait annoncé cette mort mais Clara, au nom du carthésianisme scientifique de son éducation, a négligé les « signes ».
Elle est confiée à son Oncle Antoine, doux illuminé, et sa femme, Bébé, une peintre mystérieuse que Clara met des jours à rencontrer.
Entre le fils d’une des sœurs de Bébé, les deux sœurs de celle-ci et leur esprit fantasque, Clara va découvrir les fantômes de ses ancêtres et le monde des fées, surtout quand celles-ci enlèvent Bébé…
C’est la période si difficile du passage de l’enfance (le rêve, l’espoir) à celle de l’adolescence qui nous est exposée.
D’autant plus cruelle que Clara doit à la fois grandir, perdre certaines illusions et faire le deuil de ses parents. Alors, se réfugie-t-elle dans une forme de vie rêvée ? Parfois, on ne repère pas la limite entre les rêves et la « réalité », si elle existe.
On a envie de protéger cette encore petite fille qui affronte ses peurs (le noir, la solitude, l’inconnu, les fantômes, le passé), vit ses rêves (une famille, un premier amour, un avenir) et confronte le tout aux mondes des adultes qui eux-mêmes sont doubles.
- le monde du scientifique comme celui de ses parents qu’elle ne veut pas renier,
- et celui des fées, qu’elle cherche à apprivoiser, à la fois pour en faire partie mais aussi pour en avoir moins peur. Car les fées ici ne sont pas toutes de bonnes marraines.
Laquelle des Clara va gagner le combat ? On le saura peut-être dans le volume suivant.

Véronique De Laet, Phénix Web, 12 mai 2009

Anne Fakhouri : Voyage au pays de l'écriture Anne Fakhouri a fait des études de lettres qu’elle a orienté vers le mythe arthurien. Elle a participé à la création d’Actusf, société pour laquelle elle dirige, entre autre, des anthologies. Le Clairvoyage est son premier roman. Avec sa suite, La Brumes des jours, il vient de remporter le GPI du roman jeunesse. Fantasy.fr l'a interviewée à cette occasion.

Au décès de ses parents, Clara est confiée à son oncle Antoine. Si elle ne le connaît pas, elle va vite être mise au parfum. Tout, sans exception – maison et nouvelle famille - est plus que bizarre. Du grenier, qui semble avoir sa vie propre, à sa poupée qui se met à lui faire la morale, en passant par le jeune Gauvain, qui en sait bien plus qu’il ne veut le dire… Elle doit se rendre à l’incroyable évidence, elle est entourée de fées et de créatures magiques. Pas toutes bien intentionnées. Et qui plus est, sa petite personne cristallise bien des enjeux.

Fées, Elfes et Farfadets, tous ces représentants du petit peuple, sont souvent beaucoup moins bienveillants que l’on veut le faire croire. S’appuyant sur cette vérité, l’auteur développe un récit à la fois mystérieux et intense. Les fées, si elles sont fascinantes, sont aussi retorses que manipulatrices.

Le lecteur s’attachera à des personnages principaux adolescents (un second volume de suite et fin est prévu) tout en découvrant ces êtres ambigus tel que représentés dans le folklore collectif.

D.D.

[…] Anne Fakhouri est une très bonne conteuse. On tourne les pages très vite, on se surprend à retenir son souffle. Le flirt avec le merveilleux se fait par touches subtiles. On y trouve beaucoup de mythes et légendes mais ils n’ont pas été réécrits et c’est grâce à la seule interprétation du lecteur que l’histoire devient naturelle et très puissante. Y sont présents des références arthuriennes, du folklore et pas d’impression d’un livre ultra classique. Par la fracture dans la vie de Clara, l’auteur traite des thèmes plus profonds tels l’adolescence et la mort.

Le Clairvoyage est un petit roman de 250 pages mais dontl’histoire est riche et originale. Par-dessus tout, prime la tendresse de l’auteur. L’univers est magique, quelque peu féérique et tellement prenant. L’impression de brume en début de livre renforce ce côté de « miss Clara perdue ». Les ambiances sont délicieusement mises en place et participent à la part de mystère. Le suspense y est très fort et le retournement de situation appréciable. Cette histoire est loin d’être seulement un livre « enfantin », il est au contraire accessible à et intéressant pour tous. […]

Le Clairvoyage a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire Jeunesse 2010. Il était donc plus que temps de vous en parler.

Anne Fakhouri tisse dans ce premier volume une ambiance à la fois sombre et féérique. Clara atterrit au milieu d’une famille dont elle ignore tout, et réalise assez vite, maligne et pragmatique qu’elle est, qu’il y a des forces surnaturelles à l’œuvre. Elle ne tarde pas à apprendre, de la bouche de ses tantes Lia et Suze, l’existence des fées, et que ces dernières ne sont pas de gentilles créatures. Bien loin de là.

Bien qu’elle crée sa propre féérie, Anne Fakhouri puise avec brio dans la matière inventée par ses illustres prédécesseurs : Shakespeare avec le « Songe d’une nuit d’été », ou Lord Dunsany et sa « Fille du roi des Elfes ». Car les fées de ce « Clairvoyage » sont des êtres cruels, égoïstes, qui en ont après les hommes et contre lesquelles certains, les Chasseurs, tentent de lutter.

Mais aux yeux de Clara, qui n’apprend les choses qu’au compte-gouttes, gouttes que veulent bien lâcher les membres de sa nouvelles famille, rien n’est simple. Comment savoir qui ment ? Sa tante Bé, si bizarre, qu’on lui décrit comme un monstre depuis son enfance, est-elle ce qu’elle semble, une alliée des fées ? Suze et Lia n’ont-elles pas leurs propres secrets ? Et son cousin Gauvain, futur Chasseur, qui sort à peine de l’enfance, sera son allié le plus précieux. Mais n’est-il pas manipulé lui aussi ?

Il faudra tout le courage et la détermination d’une jeune ado qui n’a plus rien à perdre pour permettre à Clara de se tirer de l’écheveau tissé par les fées autour d’elle.

Son bref voyage entre les mondes, lors de la Saint-Jean, rappellera à beaucoup « Alice au Pays des Merveilles », ou plus récemment des incursions chez les fées dans « Thomas le rimeur » d’Ellen Kushner ou le bal du faune de « Jonathan Strange & Mr Norrell » : chez les fées, le scintillant dissimule les intrigues de couloir, et chacun est prêt à poignarder l’autre dans le dos pour grapiller quelques miettes de pouvoir et d’éternité.

Roman jeunesse en raison de l’âge de son héroïne, « Le Clairvoyage » se lit très agréablement, tant par la richesse de son imaginaire, qui s’appuie sur les classiques, que par le rythme soutenu de ses péripéties, qui vont crescendo, tandis que l’ambiance s’obscurcit et que les adultes, au début sympathiques, deviennent de plus en plus extrêmes dans leurs folies respectives. Un rêve prémonitoire de Clara, aux conséquences funestes, achève de nous convaincre qu’il faut, sans tarder, lire le second volet, « La Brume des Jours », où l’on espère voir la jeune fille triompher d’un destin que fées et famille ont, semble-t-il (mais qui croire, entre les menteurs et les muets ?), tracé pour elle.

Nicolas Soffray

On a toujours de très bonnes raisons de choisir un roman sur l’étagère : belle couverture, titre ou résumé aguicheur, auteur fétiche, recommandation d’un ami… et puis des fois on a des raisons absolument ridicules. Tenez pour celui-ci, l’une des principales raisons de mon choix est nombriliste au possible. C’est que l’héroïne porte le même prénom que moi. Quand j’étais petite, ça me perturbait un peu d’avoir un prénom pas courant (enfin comparé à mes copines qui s’appelaient toutes Lisa ou presque), du coup je trouvais ça extraordinaire de trouver des personnages de romans qui s’appelaient Clara. Et je n’ai jamais franchement perdu l’habitude.

Le Clairvoyage commence comme la plus classique des histoires : Clara vient de perdre ses parents dans un accident de voiture, et est envoyé vivre chez son oncle mystérieux. Dans cette maison étrange où de nombreuses pièces lui sont interdites, elle découvre peu à peu une famille très étrange pour qui fées et fantômes font partie de l’environnement naturel. En toute sincérité, je ne suis pas sûre d’avoir compris grand-chose à l’intrigue (la quatrième de couverture est presque plus explicite que le roman), mais c’est sans doute parce que j’étais un peu trop sous le charme de l’écriture d’Anne Fakhouri pour prêter réellement attention à l’histoire.

C’est un roman avec une belle atmosphère, une très belle même, avec cette étrange maison, ces membres de la famille tous plus siphonnés les uns que les autres en apparence, ces séquences dont on ne sait plus trop si elles sont rêve ou réalité (notamment la poupée qui parle). C’est le genre d’histoires de fées que j’aime, avec des fées plutôt cruelles, une mythologie bien maitrisée, et une ambiance tellement onirique dans laquelle on peine à distinguer le réel de l’irréel. Mais tout seul, ça ne suffirait pas forcément à me faire aimer le texte.

Ce qui m’a vraiment plu, c’est que Le Clairvoyage cache dans son histoire de fées un drame familial comme tout le monde en connait : des fratries fâchées à cause d’un incident à une fête de famille, un mariage mal perçu par l’entourage, des enfants orphelins, de lourds secrets jamais révélés… On trouve tout un tas de variations dans ce genre dans ce roman, et cela lui donne une belle profondeur (ainsi qu’à l’ensemble des personnages, qu’on perçoit mieux, unis qu’ils sont par des liens plus ou moins proches). Du coup, on oubliera l’intrigue assez obscure, d’autant plus qu’il est facile de se laisser porter par une écriture pleine de poésie et de musique, avec des passages qui vont droit au cœur.

Il y a une suite (nécessaire, après tout l’histoire commence à peine à la fin du Clairvoyage), la Brume des jours, je la lirais donc dès que j’aurais mis la main dessus (...). « Tu dis souvent ça. C’est triste. Ben non, Clara, c’est pas triste. C’est la vie, non ? Les gens meurent ou disparaissent. Les autres s’en souviennent. Même la mort de tes parents en soi n’est pas triste, parce que tu t’en souviens. Tu l’as dis toi-même. Ce qu’il y a de plus triste, c’est de ne plus avoir de souvenirs. »

Calenwen

Fakhouri - Le Clairvoyage - Les Chroniques de l'imaginaire

Ce roman cumule les caractéristiques du roman pour la jeunesse (héros adolescents qui entreprennent un voyage initiatique pour apprendre à vivre dans le monde des adultes) et du conte de fées, avec créatures échappées des contes (lutins, sorcières...), de Shakespeare (Titania, Puck...) et de traditions, mythologies ou folklores variés (vouivre, sirène, banshie, Merlin...)

L'auteur impose à tout ce petit monde un rythme effréné, où sa jeune héroïne n'a guère le temps de manger entre deux pièges et deux dangers mortels. Nonobstant ce parcours du combattant, on peut apprécier la culture de l'auteur, ses personnages à la fois traditionnels et vivants (Merlin, par exemple, est très réussi), et son usage du paysage comme personnage, selon la grande tradition folklorique.

Ce roman, qui finit bien sûr sur un suspense qui porte à réclamer la suite promise, ne pourra que ravir les amateurs du genre, qu'ils aient ou non l'âge du public visé.

Mureliane (24/11/2008)

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