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La revue de presse compète est disponible en bas de page!

 

 

  • Revue de presse

Une série de faits-divers vient fissurer la chape de plomb qui entourait le domaine du Chais tenu par plusieurs générations de maîtresses femmes. Quelle force maléfique se terre dans la partie sauvage du jardin de la propriété ? Anne Fakhouri entremêle filiation et superstition, enquête policière et incursions dans l'imaginaire. Narcogenèse engendre ainsi un monstre affamé de reconnaissance et d'existence, un cauchemar pétri de non-dit, de déni et d'abandon. Délicieusement effrayant.

Nathalie Ruas - Le français dans le monde n° 374 - mars/avril 2011

La famille de Louise Gaucher s’est construite sur plusieurs générations grâce aux femmes fortes qui ont su la mener vers la réussite qu’elle connaît aujourd’hui. Parmi les nombreux secrets bien enfouis de la famille se trouve un don que possède Louise : celui de voyager dans les rêves des autres. Alors que l’hiver s’installe, les événements mystérieux se multiplient autour du Chais, la propriété des Gaucher. Simon Larcher, flic de son état, a bien l’intention de résoudre cette affaire. Au risque de plonger dans un cauchemar.

Narcogenèse est un voyage étonnant aux racines plantées très profondément, qui emmène loin et emprisonne à la fois, le genre de roman à relire pour apprécier encore mieux les indices semés et la construction intelligente une fois la fin connue. Impossible de lâcher ce livre, vous êtes prévenus, vous voilà envoûté !

 

Imaginelf

 

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Le Chais, un immense domaine bourgeois hors du temps, autour duquel les barrières invisibles sont bien plus efficaces que des hautes grilles pour empêcher tout intrus d’y pénétrer. Un endroit oppressant, où pour d’inexplicables raisons, certaines parties du jardin sauvage bordé d’amandiers sont inaccessibles.

C’est là que vivent les Gaucher depuis plusieurs générations. L’homme adulte est d’ailleurs absent dans cette grande famille composée de la grand-mère Claude, de ses deux filles (Diane et Louise) et de ses deux petits-enfants (Lucy et Max).

L’héroïne, Louise, dite Zette, est une femme entièrement dévouée au service des autres. Infirmière, elle profite de la nuit pour s’asseoir à côté des patients plongés dans le coma. Elle éprouve bien plus que de l’empathie à leur égard. Louise leur tient la main et en s’endormant auprès d’eux, a la faculté de pénétrer leur rêve, leur monde. C’est souvent un endroit assez cauchemardesque mais elle s’attache à ne montrer aucune peur et à les guider vers une issue (que cette dernière soit d’ailleurs le réveil du patient ou sa mort).

Mais depuis quelque temps, rien ne fonctionne comme prévu. Un monstre semble prendre forme dans les esprits des malades plongés dans le coma. Un peu comme dans le Ça de Stephen King, il se nourrit de la peur qu’il suscite et terrorise avec un sadisme sans pareil les patients et enfants endormis.

Le marchand de sable fête son retour parmi les hommes. Plus fort que jamais, il va semer la terreur dans les esprits et faire remonter de vieux souvenirs à la surface.

Ce qui est très prenant dans ce livre, c’est qu’on entre dans un univers savamment dosé entre le monde de l’imaginaire (avec le don de Louise, le marchand de sable), et le nôtre, le monde réel (un enfant disparaît, un inspecteur mène l’enquête).

Cette histoire de famille et ces générations de femmes liées les unes aux autres est passionnante. On y parle d’amour, de peur, de secrets, de force et de faiblesses. Les descriptions du Chais sont nombreuses et si réalistes que j’ai eu l’impression d’en prendre moi aussi possession et de côtoyer ses habitantes.

Quant à l’écriture, Anne Fakhouri a vraiment une très jolie plume. Son style est vif, fluide et subtil, dégageant de nombreuses émotions. Elle m’a raconté une magnifique histoire où le fantastique est très subtilement distillé, où les peurs enfantines prennent rapidement le dessus sur la raison.

J’espère que cette incursion dans le monde des livres pour adultes ne sera pas la dernière. Anne doit avoir encore tant de choses à nous conter !

 

Val - Valunivers

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Conte morbide sur le thème de l’enfance perdue, variation inquiétante du Magicien d’Oz, Narcogenèse séduira les amateurs de fantastique.

La famille Gaucher, qui a bâti un empire de cosmétiques, recèle aussi des secrets moins avouables. Simon Larcher, flic désabusé, va s’y intéresser en tentant d’élucider la disparition d’un enfant de la DDASS. Dans un service de réanimation, Louise Gaucher mène sa propre enquête en pénétrant dans l’esprit comateux de ses patients pour y découvrir des rêves hantés par le Marchand de Sable et ses avatars…
En nous plongeant au cœur d’une famille tentaculaire, et de ses laissés-pour-compte, ce thriller fantastique mêle – une fois n’est pas coutume – horreur et enfance.
Son originalité tient avant tout à l’omniprésence des femmes. D’avortement en infanticide, l’auteure ausculte la psyché féminine sous ses penchants les plus sombres. Le Chais, l’impénétrable propriété des Gaucher, devient ainsi le théâtre des crimes les plus atroces, fruits de grossesses inavouables.

Dans le roman d’Anne Fakhouri, les méchants sont des rebuts, des ectoplasmes avides de récupérer l’énergie vitale dont on les a privés. Entre le monde des vivants et celui des morts, le coma et l’éveil, il n’existe qu’une passerelle ténue, une route de briques jaunes… comme celle qui mène auMagicien d’Oz. Sauf qu’ici, ledit magicien est bien plus méchant que dans le conte de L. Frank Baum…
L'auteure livre un conte morbide au parfum légèrement suranné, un réquisitoire contre le monde des adultes, qui évoque parfois leÇa de Stephen King… À découvrir.

 

Denis Roditi - Nabbu.com

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Anne Fakhouri fait partie de ces auteurs d’imaginaire français que le lecteur prend plaisir à retrouver au fil des parutions. L’Atalante étant en train de se relancer sur le marché des auteurs francophones avec un triptyque d’auteur fort séduisant (Jeanne-A Debats, Olivier Paquet & Vincent Gessler), c’est cette fois un roman surprenant d’Anne Fakhouri qu’ils nous proposent. Je ne peux que vous inviter à découvrir ce qui se cache derrière ce titre énigmatique de Narcogénèse… La couverture de Xavier Colette m’a de prime abord légèrement rebuté par rapport à ce que j’ai l’habitude de voir en imaginaire. Mais une fois la lecture commencée je dois dire que j’ai été réellement séduit par la manière dont l’illustrateur vient réutiliser l’ensemble des contes enfantins employés par l’auteur. Entre la route de brique jaune du Magicien d’Oz, le méchant Marchand de Sable au-dessus de la maison du Chais, l’obscurité inquiétante de cette forêt entourant la bâtisse,… Bref tous les éléments sont réunis pour qu’au final le lecteur se sente happé par cette illustration inquiétante.

Entre enquête policière et parcours initiatique onirique, ce roman va vous entraîner loin, très loin de votre quotidien. La multitude de personnages que l’auteure fait évoluer dans ces pages peut surprendre et dérouter le lecteur mais l’intrigue est bien là, passionnante de bout en bout. La maîtrise de celle-ci est évidente et à aucun moment je n’ai eu la sensation de tomber dans des digressions malvenues dans un roman qui se veut avoir une ambiance à la fois feutrée et active. Le style d’Anne Fakhouri est également particulièrement agréable : les descriptions oniriques son parfaitement décrites alors qu’habituellement elles sont aussi difficiles à saisir que des instantanés de mirages. Mais la plume confirmée de l’auteure vient contrebalancer toute cette difficulté pour le transformer en voyage réellement séduisant. De même le sexe est assez présent au fil des pages mais tient plus d’une sensualité débordante que d’érotisme pur, ce qui fut, pour moi, très agréable à lire.

Narcogénèse d’Anne Fakhouri est donc un excellent roman de fantastique onirique qui saura vous faire décoller vers des mondes insoupçonnés. Mené tambour battant avec comme trame de fond une enquête policière, ce livre devrait facilement trouver son lectorat tant tout est parfaitement mis en place et agencé par l’auteure. Aucune fausse note pour un roman qui m’a fait dormir peu durant sa lecture tant j’entrais dans les pages à la recherche du Marchand de Sable. Mais est-il réellement bon de le trouver ? Là est toute la question…

Deuskin - Mythologica

Bon, il faut bien l'admettre, si l'on excepte la bit-lit, le fantastique est un genre qui semble avoir tendance à fuir les rayons de SFFF ces derniers temps ou du moins, qui n'attire pas assez les lecteurs pour réussir à s'y creuser un petit bout de place bien à lui. Autant donc dire que quand un nouvel ouvrage s'y présente, on se jette dessus, surtout quand c'est L'Atalante, qui nous avait déjà proposé le fort sympathique Mal-Mort de Jean-Marc Ligny, qui s'y colle !

Zette est une infirmière un peu spéciale, elle parvient à plonger dans l'esprit des patients comateux pour les aider à se sortir de leur situation, que ce soit en se réveillant ou en choisissant de mourir. Alors qu'elle essaye d'aider unmalade, elle va croiser un autre individu, qui semble moins bienveillant qu'elle. D'un autre coté, on a Simon Larché, un policier compétent qui ne cherche plus à faire carrière, mais qui continue à faire son travail correctement, bien que lassé par la noirceur du monde où il évolue. Il va se retrouver à enquêter sur la disparition d'un môme de la DDASS et sur une mystérieuse épidémie de somnambulisme qui touche la région.

Avec NarcoGenèse, on est dans dans un roman fantastique tournant autours du monde des rêves, de secrets familiaux, de mystérieuses disparitions et d'un croquemitaine. Tous ces éléments nous emmèneront bien entendu au bout du cauchemar concocté parAnne Fakhouri, qui montre un véritable talent pour laisser sortir l'horreur de son terrier. [...]

Anne Fakhouri utilise finalement les ficelles du fantastiques pour mieux les renouveler grâce à une écriture moderne et des thématiques qui ne le sont pas moins. L'écriture est quand à elle au plus proche des personnages, de leurs secrets comme de leurs peurs, de leurs souvenirs comme de leurs traumatismes.

Narcogenèse est donc une nouvelle preuve que le fantastique, le vrai, celui qui mord et qui fait mal, estencore là, en bonne santé et qu'il attend de pouvoir s'infiltrer entrequelque romans de fantasy et de bit-lit pour mieux tomber entre les mains des lecteurs et pouvoir le surprendre. Tant mieux, c'est ce qui est attendu du genre ! (tout l'article )

 

Stegg - Psychovision

 

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Une demeure ancestrale de laquelle les membres d'une famille semblent rarement sortir, membres qui possédent des dons « oniriques » du côté féminin. Un monstre surnommé le Marchand de Sable qui hante les rêves des enfants et des somnambules de la région. Un flic qui essaye d'élucider d'étranges disparitions. Le tout concourt à créer une ambiance légèrement sombre mais très prenante, ce sous la plume discrète d'une Anne Fakhouri que je découvre avec ce livre.

Narcogenèse est un roman qui m'a rappelé ma prime jeunesse passée dans des livres d'horreur « légers », qui offrent de petits frissons rapides mais savoureux. Pas de ceux qui terrorisent longuement mais de ceux qui créent une ambiance efficace sans être oppressante et qui se lisent avec plaisir par un après-midi pluvieux, en se demandant si le bruit que l'on entend est une branche qui tape au rythme du vent contre la vitre ou plutôt le frottement d'une main qui tente d'ouvrir la fenêtre pour pénétrer chez nous et égorger toute la famille. On se perd facilement dans ce genre de récit, qui amuse plus qu'il ne terrorise, ou en tout cas c'est ce qu'on se plaît à dire après coup à ceux à qui l'on parle de notre lecture.

Au final, Narcogenèse est un de ces romans que l'on lit pour le plaisir de frissonner et de se retrouver dans une histoire simple mais efficace.

Leslecturesdecachou.com

 

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Un roman qui oscille entre le monde de l’enfance, ses peurs et ses contes, et une réalité bien plus cruelle, celle de sa destruction, via l’infanticide et l’abandon. Un sujet particulièrement âpre, traité avec autant d’originalité que de subtilité – et de légèreté. Anne Fakhouri met en scène Simon, un policier désabusé, conduit à enquêter sur la disparition d’un enfant de la DDASS, finalement retrouvé dans un parc, propriété de la famille de Louise Gaucher ; elle, elle travaille dans un service de réanimation, où elle « accompagne « par la pensée les patients plongés dans un coma dépassé… L’un de ces voyages l’amènera à l’interférer dans l’enquête de Simon…

Si on voulait conclure vite, on dirait que Narcogenèse est un très beau livre, tout simplement. Dense, tendu, traitant de sujets graves et cruels et superbement écrit, voilà un texte qui vient confirmer tout le talent d’Anne Fakhouri, précédemment récompensée par le Grand Prix de l’imaginaire 2010 par son précédent roman, Le clairvoyage. Un chef d’œuvre que le fantastique imprègne constamment.

Christian Robin - Courrier Français

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Fakhouri - Narcogenèse - LE SOIR+

La vengeance est une tradition familiale. » Le prologue est dur comme Adrienne. La vieille, celle qui veille aux destinées du Chais en ces années de guerre 14-18. Cette dernière phrase du prologue planera tout au long de ce Narcogenèse, le troisième roman d'Anne Fakhouri dont seul le titre paraît incongru, naïvement moderniste ou racoleur. Mais oublions le titre et restons-en au roman. C'est une réussite totale. Ce thriller fantastique est formidablement mené. Très cinématographique : des plans-séquences courts, des flash-backs mystérieux, des personnages forts, auxquels ont croit.

Anne Fakhouri, 37 ans, professeur de français, avait déjà écritLe clairvoyage et sa suite La brume des jours (L'Atalante), deux romans jeunesse applaudis. Avec ce Narcogenèse, elle s'adresse aux adultes. Car le roman est dur, cruel et convoque les peurs enfantines qui nous hantent toujours.

Les enfants qui n'existent pas

« Ce roman est à la fois l'enquête très rationnelle d'un flic, explique Anne Fakhouri, et l' enquête surnaturelle d'une infirmière qui a un don particulier : elle peut aller dans le rêves des gens qui sont dans le coma pour leur faire réaliser que le monde des rêves n'est pas le bon et qu'ils doivent choisir entre la vie et la mort. Il y a toujours la famille tentaculaire qui revient dans mes romans, la transmission et évidemment les peurs enfantines et la place que chacun a dans le monde, qui reste un de mes thèmes favoris. »

Adrienne, comme Mamia plus tard puis Claude sont des femmes extrêmement fortes qui servent avant tout les ambitions de la famille, l'argent mais aussi la défense de la lignée. Mais une lignée féminine de facto puisque les femmes ont un don que les hommes n'ont pas.

« Ce livre est né de deux choses. D'abord je me suis beaucoup interrogé sur la maternité depuis la naissance de ma première fille il y a 5 ans. J'ai été stupéfié par la mode du naturalisme où la mère est sanctifiée. Et puis il y a l'affaire Courgeau, qui a montré qu'il ne suffisait pas de maîtriser la fertilité pour se sortir des pulsions de violence et du chaos psychologique que peut être la maternité pour certaines femmes. Un jour en écoutant les infos sur l'affaire Courgeau (cette femme qui avait tué et congelé ses bébés), j'ai entendu qu'elle disait qu'elle n'avait pu tuer ses enfants puisqu'ils n'existaient pas. Et je me suis demandé où vont les enfants qui n'existent pas pour les parents. Non seulement ceux qu'on nie in utero mais aussi les maltraités, les abandonnés : où vont-ils, comment se construisent-ils ? »

Narcogenèse parle en effet de ces enfants-là. Et de leurs mères. Anne Fakhouri le fait en racontant superbement une incroyable histoire et en suscitant nos réflexions. C'est une nouvelle voix, forte, dans les littératures de l'imaginaire.

JEAN-CLAUDE VANTROYEN - Le Soir

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Les hommes ne semblent par contre pas bien lotis : ils meurent jeunes ou disparaissent, seul le petit Max vit encore au Chais avec sa soeur, sa mère Diane, sa tante Louise et sa grand-mère. Pourtant, c'est bien un petit garçon qu'on trouve un jour au pied des amandiers, presque mort de froid. Et Ti, le fils des gardiens, est bien un jeune homme, mais il est parti depuis longtemps, s'occuper d'enfants qui n'ont pas de parents, comme celui retrouver au pied des amandiers...

Et bientôt, c'est le capitaine Simon Larcher qui s'introduit dans la propriété pour enquêter. C'est quasi comme un viol pour Claude Larcher contrainte de le laisser entrer. Il va découvrir dans la vieille demeure des secrets ancestraux et terrifiants, faits de souvenirs, de peurs et de cauchemars.

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Anne Fakhouri pour son premier roman adulte installe rapidement une ambiance oppressante, une atmosphère d'attente morbide. On s'interroge sur les pouvoirs de toutes ces femmes, sur ce que sont devenus les hommes de la famille et pourquoi. L'enquête policière qui charpente l'intrigue est rendue crédible grâce à la personnalité de l'enquêteur, râleur et tendre à la fois.

Les passages évoquant l'affreux Marchand de Sable sont réussis, suscitant pour ma part des souvenirs à la Tim Burton. D'autres épisodes me semblent assez obscurs, mais il est peut-être sage de ne pas tout interpréter. Il y a là un mélange d'horreur et de contes, une ambiance à la fois familière et inquiétante.Réalisme et fantastique se trouvent donc ici confrontés dans un roman à l'écriture fluide. L'ensemble est peut-être cependant un peu trop sage (à l'image de la couverture) et le propos retenu par le classicisme du ton, pour être vraiment efficace (on n'en fera pas de cauchemars) et mémorable.

 

Sandrine Brugot Maillard - Mes imaginaires

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Après le Clairvoyage et La Brume des Jours, Anne Fakhouri délaisse pour un temps la littérature jeunesse, mais poursuit son chemin dans le monde de l’enfance et des peurs cachées. Sur fond de secrets de famille, elle aborde des thèmes difficiles tels que l’abandon, le déni de grossesse et l’infanticide.

Ces drames donnent vie à une sombre créature: le marchand de sable. Loin du personnage amical des contes et de Bonne nuit les petits qui laisse tomber du sable sur les yeux des enfants pour les endormir, le personnage de Narcogenèse est une sorte de Freddy Krueger qui s’attaque aux dormeurs dés que ceux-ci ont passé le seuil du monde des rêves. Il aime avant tout terroriser, faire monter la peur et la souffrance avant de détruire l’âme de sa proie.

Sous couvert d’une enquête policière lancée par l’oncle d’un des enfants disparus, le lecteur est baladé de protagonistes en protagonistes, partagé entre les non-dits et les souvenirs. Plusieurs personnages se partagent en effet la narration, et chacun d’eux va apporter une pièce au puzzle complexe de ce tueur en série onirique. Oscillant entre thriller et fantastique, Narcogenèse retrace une grande fresque familiale noire et complexe où chaque personnage apporte sa voix, sa vision: de l’innocence de l’enfant, à l’incrédulité de l’adulte en passant par le savoir de la grand-mère, le lecteur passe d’un point de vu à l’autre et ne comprend la menace qu’une fois avoir écouté tous les témoignages. Pas vraiment de héros dans cette histoire, différentes générations d’hommes et femmes s’y succèdent, impliquées de façon plus ou moins importante.

Toutefois, Anne Fakhouri maîtrise parfaitement le fil de son histoire et je ne me suis sentie à aucun moment perdue: on se laisse porter par l’intrigue, enfermé dans l’angoisse qu’éprouve les différents interprètes. C’est un conte noir, très noir, où le danger peut surgir dés que vous fermez les yeux … Don’t blink !

 

De l'autre côté du miroir - le petit monde de Laure

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En Résumé : Voilà un livre qui mélange les genres entre thriller, drame familial et fantastique et qui m'a offert un très bon moment de lecture. Une intrigue dense et maîtrisé au service d'une ambiance sombre et angoissante avec des personnages complexes, même si certains sont un peu lisse. La plume de l'auteur est vraiment prenante et traite de sujets graves mais, sans jamais tomber dans le sordide. Je reprocherai juste certains passage qui n'apportent rien à l'histoire, selon moi, mais rien de bien grave dans ce livre difficile a cerner et pourtant intriguant, haletant et prenant dont on a du mal à lâcher la lecture.

 

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Simon Larcher est flic. Il ne boit plus, ne baise plus et ne joue à rien. Il voudrait juste nettoyer le monde de son horreur et de sa tristesse. Une nuit de janvier, un enfant de la DDASS disparu est retrouvé dans le parc du Chais, propriété de la puissante et riche famille de Louise… Cela faisait un moment que je n’avais pas lu un roman avec un véritable univers. Bien souvent l’auteur donnait les grandes lignes, quelques descriptions alambiquées, et l’affaire était dans le sac. Dans Narcogenèse, on dépasse la simple description. Anne Fakhouri crée une atmosphère. Elle prend le temps d’installer les éléments nécessaires à la plongée du lecteur, et ce dernier se laisse tout doucement glisser dans le domaine du Chais. Narcogenèse est un roman avec lequel il faut prendre son temps, que ce soit du côté de l’écrivain et du côté du lecteur. Ce n’est pas un roman où l’action rythme chaque page, mais cela permet de développer assez finement la psychologie des personnages, chose devenue plutôt rare dans mes dernières lectures.

Outre l’atmosphère « coconale » offerte par Anne Fakhouri, la place accordée aux peurs enfantines m’a particulièrement plu. Sans dévoiler trop d’éléments de l’intrigue, le personnage du marchand de sable est bien exploité jouant sur les zones obscures des contes et légendes. Un homme ayant autant de pouvoir sur notre sommeil ne serait-il pas dangereux ? Jusqu’où pourrait-il jouer avec les dormeurs ? Où commencerait la folie ?

Anne Fakhouri nous livre donc une histoire originale arrosée de fantastique avec des personnages intéressants et un style d’écriture très plaisant à lire. Narcogenèse est un livre qui se savoure. Abandonnez donc l’idée de le dévorer dans le métro. Prenez plutôt une couette moelleuse et un chocolat chaud. Et si vous avez de la chance, peut-être qu’un petit vent d’hiver viendra souffler à votre fenêtre. A moins que ce ne soit le marchant de sable…

 

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Narcogenèse est un roman terrifiant, étouffant. Sa force tient à la fois à sa qualité d’écriture et à la puissance de ses références, qui nous hantent dans l’arrière-fond du texte : Hoffmann et son épouvantable conte du marchand de sable, mais aussi Ubik. Vous avez aimé Hoffmann et Philip K. Dick, vous aimerez Anne Fakhouri.

Le « Grand Lustucru » qui passe, chanté par Colette Magny à la voix si étrangement basse, mange « crus tous vifs, sans pain ni beurre, tous les petits gars qui ne dorment pas » – « petits gars » au sens de « guys », car filles et garçons sont sa proie. Mais le marchand de sable est encore pire quand il s’attaque aux enfants qui dorment. Il est si puissant qu’il peut les projeter dans le coma. Il les viole, il les torture, il les tue. Le moindre sommeil leur est fatal. Il est l’Homme Noir des cauchemars, cette instance psychique destructrice dont parle Clarissa Pinkola-Estes dansFemmes qui courent avec les loup/ves. Il est celui contre personne ne semble pouvoir lutter.

Dans Ubik, la jeune morte a bien du mal à résister à l’envahissement de ses forces diminuées par l’esprit dévorateur de l’adolescent créateur de faux mondes ; mais les semi-morts se liguent et résistent. Dans Narcogenèse, toute tentative de résistance (que ce soit celle de Simon, le policier, ou de Zette aidée de Ti, son ami d’enfance) semble vouée à l’échec. L’angoisse s’ouvre peu à peu, comme un abîme révélé, au fur et à mesure que tous ces personnages se trouvent réduits à l’impuissance, les mains liées, voire entrainés dans la mort et broyés. Rythmé par l’enquête de police qui piétine et par les disparitions successives et progressives des enfants, le roman se construit comme un thriller.

Ce n’est pas pour rien que la figure de Barbe-Bleue est évoquée, comme en passant, p. 229. L’homme noir, la barbe-bleue et la marchand de sable ne font qu’un, dans le terrifiant fantasme ; tel est le vampire, esprit mauvais qui se nourrit d’énergie vitale. Comment faire face au monstre, sinon en crevant les sépultures enfouies d’une inextricable grande famille ? Que peut-on espérer quand couvent les secrets et les traumatismes, les crimes du passé qui donnent leur consistance à l’horreur ?

Au-delà du fantastique et du réel, le roman règle ses comptes avec une épouvante bien plus simple et palpable : celle du mariage et de la famille, qui sont désignés comme la source secrète de toute horreur et de toute terreur.

Anne Larue

 

L‘intrigue principale de ce roman est la disparition d’enfants mais ce n’est pas tout, quand ils sont retrouvés, ils sont dans le comas. Rien n’explique cela. Enfin, rien dans un monde “réel” ne peut expliquer cela. Cette enquête amène les policiers au Chais, un domaine où vit une famille. Cette famille est connu pour beaucoup de sombres rumeurs comme celle où la famille Gaucher aurait pactisé avec le diable entre autres. L’urgence de l’affaire est que les enfants, au bout d’un certains temps ne survivent pas à leur coma.

Ce livre est fantastique dans le genre et presque chacun des personnages a une partie sombre en eux. L’histoire parait être dans le réel sans magie avec tout ce qu’il y a d’ordinaire. Chaque chapitres alterne un des personnages principaux, tout en découvrant qu’ils sont liés.

Ici, le “méchant” est le Marchand de Sable. À ma connaissance, le Marchand de Sable est quelqu’un qui aide les enfants à dormir. On a tous connu “Bonne Nuit Les Petits” et donc voir une autre version du Marchand de Sable est assez dérangeant quand on voit comment il est. Pour moi, c’est en totale contradiction avec l’histoire de mon enfance. Ce n’est pas désagréable. C’est comme si que l’on voyait la Petite Souris en gros piranha qui mangerait les enfants. Sauf que dans cette histoire, le Marchand de Sable tue les enfants, je ne dirais ni pourquoi ni comment mais je peux dire que c’est assez effrayant. Ce livre traite en fond du thème du rêve aux premiers abords, du sommeil et du coma. Cette histoire sombre est très bien écrite et on prends plaisir à lire page après page. Des passages sont assez dur mais c’est ce qui fait son “charme”. Au final, tout se passe dans le Chais où une famille recelant un secret partagé entre générations mais nié à la fois avec en parallèle deux policiers qui enquêtent sur l’intrigue des enfants disparus ou tombant étrangement dans le coma.

J’ai bien aimé la toute petite pointe de romance qui apparait vraiment à la fin et les pages d’explications. J’ai eu peur, sur le coup, qu’une fois les problèmes réglés, que le livre s’arrête mais ce ne fut pas le cas.

Ce livre, je le relirais et je pense que je le savourai autant que la première fois !

Des mots et des characters

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