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Depuis Epinal, j'entends pas mal de commentaires, conversations, éructions (oui oui, éructions) sur ce qu'être écrivain veut dire vraiment et (pire) qui peut se targuer d'être écrivain ou non.

Des théories les plus comédies musicales aux plus cyniques, en passant par les plus argumentées.

En vrac: "un écrivain est celui qui l'est à plein temps" "qui a pris des risques" "qui y croit vraiment" (parce qu'écrire, c'est bien), "qui est publié" "qui est publié en dehors du oueb" "qui est publié et qui a une jolie veste" "qui s'engage dans son art" "non qui est un artisan avant tout..."

 

 

A un barbecue entre amis, le jour de l'Ascension, un excellent Vincent a fini par lâcher, après une longue conversation sur Philip K Dick et le jeu du point de vue (conversation que je n'ai jamais vraiment eue avec mes camarades du milieu parce qu'ils sont incultes, aigris, des filles en rose, même les mecs, trop occupés à boire, le nez dans le guidon) "On n'est écrivain quand on est reconnu par ses pairs, non?".

Dans sa démarche artistique, ses ventes, son artisanat.

La reconnaissance serait-elle le nerf de la guerre?

 

C'est celle de ce débat, en tout cas.

 

Pour répondre à la question de proximité qui me concerne, je ne pense pas que le "vrai" écrivain soit celui qui le fait à plein temps. Ce serait jeter Vian (ingénieur), Zola (journaliste), Colette (femme entretenue qui n'a jamais eu, donc, besoin d'écrire pour bouffer... et qui a fait bien d'autres choses) et quelques autres. Sans parler de tous ceux qui ont exploré d'autres arts (Cocteau est mort, donc).

 

En outre, et au-delà de la théorie, personnellement, je veux tout et je peux tout faire (je suis une version myope et un peu plus cupcake de Wonderwoman). J'aime être prof, j'aime écrire, j'élève mes gosses, j'aime l'homme de cette vie-là au point de vouloir passer le plus de temps possible avec, je jongle avec tout ça.

En attendant, j'ai une démarche, voire un militantisme actif, une évolution, du travail, une réflexion et une construction sur ce que j'écris.

Et une rémunération.

 

De facto, je suis écrivain. Ce qui est important, c'est ce que j'en fais, non?

 

Alors, bon, au lieu de jouer à savoir qui est plus écrivain que qui, je préfère dépenser mon énergie à lutter contre le mal-penser, le mal-écrire et le manque de propos de certains auteurs.

Contre ce discours étonnant d'ambition et de naïveté qui dit en gros "moi, je n'ai pas la prétention de faire de la littérature, je me contente d'écrire et je refuse d'avoir une réflexion sur le sujet. Je veux juste une histoire. Juste faire du roman populaire."

Ca tombe bien, San Antonio s'en serait battu les couilles.

 

Ou encore, de cette tranche (qui me laisse perplexe) d'auteurs qui se foutent complètement de savoir si la grammaire française a existé avant eux.

 

Parce qu'au fond, on s'en foute, de la démarche à Béchade, qu'elle apporte pas d'idées sur l'histoire et les personnages que l'auteur, il s'en sert.

 

Je le dis franchement (on en reparlera, j'ai dit!), ceux-là ne passent pas dans mes classes, qu'ils soient prix des Indécrottables, des Lecteurs de la Ville d'à Côté ou coup de cucul de la Fnac...

 

Je suis une vieille conne avec un pouvoir ridicule dont elle use quotidiennement.

 

Hé, ça ferait un super roman de fantasy!

Tag(s) : #You're talking to me!

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